Tube des années 80, Axel Bauer chante « cargo de nuit » : 35 jours sans voir la terre, c’est le cap que viennent de franchir les marins ce jour. Et des « machines sourdes et tempêtes », ils en ont déjà vu pas mal depuis plus d’un mois !
Ce n’est pas pour rien que les latitudes où sont actuellement les skippers sont appelées les « 40ème rugissants » et les « 50ème hurlants » ; pas loin il y a les « 60ème déferlants » !
Pourtant, désormais dans le Pacifique, Yoann a aperçu l’Ile d’Auckland ce matin. Il continue d’avaler les milles et de gagner sur Charlie Dalin, désormais à quelques 80 milles (150 km) ou quelques heures à peine ! Il creuse l’écart avec Sébastien Simon, qu’il a dépassé samedi. Même s’il dit dit être « à l’aise dans sa machine », le quotidien est rude pour lui comme pour l’ensemble des agités du bocal qui se lancent dans cette aventure.
Dans les mers qu’ils traversent, les temps de repos - ne parlons même pas de sommeil ou de loisir – sont extrêmement rares. Les chocs violents des bateaux mettent les corps à rude épreuve ; la température de l’air, de l’eau, est glaciale. Elle imprègne l’air ambiant, les vêtements. Ce froid et cette humidité permanente rendent les nombreuses manœuvres extrêmement difficiles alors que le groupe de tête longe actuellement les glaces.
Et on évoque parfois, mais s’en rend-t-on vraiment compte, le bruit incessant. Le glissement des foils – ces appendices qui permettent au bateau de « voler » au-dessus de l’eau - génère un sifflement continu qui pousse certains skippers à porter des casques ou des bouchons d’oreilles dignes des EPIs industriels. Le sifflement peut atteindre une centaine de décibels, le niveau bruit d’une tondeuse ou d’un démarrage de moto. En permanence !
Comme chaque jour, nous saluons donc la ténacité et le courage de notre marin préféré!

Jour 35 - Vendée Globe
Trente-cinq jours sans voir la terre