Partager
Protéger le bateau, le marin mais attaquer !

Plein Est et à fond ! Yoann file depuis 24h plein est pour faire le tour de l’Antarctique au plus près de la zone d’exclusion. Cette zone dans laquelle les navigateurs ont interdiction d’entrer sous peine de pénalités a pour objectif premier de les protéger des glaces redoutables pour le carbone des bateaux. Elle a été élargie après l’édition 2008 du Vendée Globe afin d’obliger les marins à naviguer plus près des côtes australiennes et davantage à portée des secours. Cette année-là en effet, le 18 décembre, Yann Eliès, le binôme de Yoann Richomme sur le Paprec Arkéa, a failli perdre la vie dans les mers australes. Lors d’une manœuvre à l’avant, le bateau fait une embardée et éjecte le skipper. Attaché, il a la chance de ne pas finir à l’eau mais Yann, sous la violence du choc, se fracture le fémur et le bassin. Dans une mer dantesque, le marin trouve la force de ramper à l’abri de son cockpit et de se laisser tomber dans sa bannette en attrapant au passage tout ce qu’il pouvait : la télécommande de son pilote automatique et son téléphone satellite. Il parvient ainsi à prévenir son équipe et à stabiliser son bateau, à 1500 kilomètres des côtes australiennes. Avec rien d’autre qu’une canette de soda et une boîte de Doliprane, immobilisé par la douleur, Yann devra attendre 48 longues heures pour que la marine australienne puisse lui porter secours. Avec en soutien moral et en lien radio Marc Guillemot et Samantha Davies déroutés pour lui venir en aide. Le groupe leader dans lequel Yoann est solidement installé va sortir de cette zone surveillée par l’Australie dans la journée. Yoann a cravaché dur toute la journée de lundi pour ne pas laisser Charlie Dalin partir par l’avant, dans un nouveau schéma météo. Résultat : d’un écart de plus de 545 milles dimanche matin, Yoann revient ce mardi matin à 309 milles du 1er ! Une position de chasseur que Yoann affectionne particulièrement !